Chers Camarades,
Nous allons profiter
de la multiplicité de cas similaires qui sont soumis à nos
conseillers pour poser paisiblement mais précisément le nouveau paradigme
que nous concevons désormais, en tant que patient en capacitation (informé
et responsable), dans la prise en charge d’un cancer de la prostate.
La controverse absurde
du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA aboutit aujourd’hui
à un développement anarchique du dépistage, lequel conduit à une
augmentation de l’incidence des cancers localisés (94 % aux USA).
Parmi ces cancers localisés, près d’un tiers sont indolents (non
agressifs) et ne nécessitent pas de traitements agressifs lesquels
ont pour conséquence de rendre le malade impuissant et/ou incontinent
une fois sur deux.
Dans ces conditions,
l’approche qui se dégage chez les meilleurs spécialistes est de
savoir, une fois diagnostiqué, si la tumeur présente les caractéristiques
d’un cancer de la prostate indolent. Quelles sont-elles ?
- Stade : T1c – T2a
- Gleason <= 6
- PSA <= 10 ng/mL
- PSADT > 3 ans
Quelles sont alors
les options de traitements possibles pour ces cancers indolents ?
- Rappelons d’abord que
« qui peut le plus, peut le moins ». Les
traitements classiquement proposés
dans le monde par ordre croissant d’effets secondaires sont les suivants :
- Voici les nouvelles options
- La WW (watchfull waiting) :
autrement dit, ne rien faire, ou plutôt surveiller les premières alertes
ou les premiers symptômes avant de traiter. A envisager si le patient
supporte psychologiquement la présence du cancer et s’il a au moins
65 ans. Les scandinaves présentent de bons résultats avec ce simple
comportement.
- Le contrôle actif :
des patients « éclairés » associent au WW, une nouvelle hygiène de
vie : alimentation sélectionnée, activités physiques, gestion du stress
permettent de mieux contrôler son cancer. Cette philosophie de vie,
dans l’air du temps, est adoptée par de plus en plus de patients,
y compris par des membres de l’ANAMACaP qui ont constitué un groupe
de travail sur le sujet.
- La surveillance active :
elle consiste en un TR (toucher rectal) et PSA tous les 3 mois pendant
2 ans, puis tous les 6 mois. Biopsies à un an, puis tous les 3 ans
jusqu’à 80 ans. Dans l’étude la plus élaborée (Laurence KLOTZ),
un traitement intervenait soit à la demande du patient, soit à l’apparition
d’un grade 4 majoritaire sur les biopsies, soit en présence d’un
PSADT > 3 ans fondé sur au moins 8 analyses sanguines (PSADT = temps
de doublement du PSA).
Point
positif : à 8 ans, la survie spécifique est de 99,2 %.
L’intérêt de
la surveillance active est de différer un traitement : il semble en
effet peu réjouissant pour un homme se sentant encore jeune d’avoir
50 % de chances (ou plutôt de malchances) de devenir impuissant et/ou
incontinent à cause des effets secondaires d’un traitement agressif.
La stratégie consiste à profiter au maximum du développement à priori
très long d’un cancer de la prostate et de ne recourir à un traitement
que lorsqu’il devient dangereux.
- Les protocoles (Leibowitz
– Cussenot)
En raison de la
peur panique que les médecins (et les médias) ont inculqué dans
nos esprits dès que le mot cancer est prononcé, nous supportons mal
la pression psychologique de vivre avec un cancer et de ne se soumettre
qu’à une surveillance. C’est pourquoi, des stratégies ont été
élaborées pour contrôler le cancer et ainsi mourir de mort naturelle
avec son cancer de la prostate et non de son cancer de la prostate
- Le protocole LEIBOWITZ.
Des oncologues américains très connus dans le monde des malades du
cancer de la prostate (MYERS – STRUM – TUCKER) à la suite du Docteur
LEIBOWITZ, ont préconisé une déprivation androgénique limitée à
environ un an dans les cancers localisés ou non. Les résultats qu’ils
présentent sont extraordinaires mais controversés par les urologues
car non démontrés scientifiquement par des essais randomisés.
- Le protocole CUSSENOT. Pour
pratiquement éradiquer le cancer de la prostate mortel, il suffit d’instaurer
un dépistage systématique. Problème : le nombre de cancers diagnostiqués
indolents va exploser. Sous la pression des urologues, des radiothérapeutes
et des patients non informés, les traitements agressifs vont exploser
également et avec eux, le nombre de patients incontinents et impuissants.
Comme la mentalité latine ne supporte pas de vivre avec la présence
de cellules cancéreuses et donc ne privilégie pas les traitements
de surveillance, il faut trouver une solution pour permettre au dépistage
de se déployer de manière intelligente et organisée.
Le président
de notre conseil scientifique, le Professeur Olivier CUSSENOT lance
une étude dans laquelle il veut démontrer que, au stade indolent,
le cancer de la prostate se présente dans près de 30 % des cas, sous
forme de néoplasies focales réversibles. Autrement dit, ces petits
cancers peuvent être éradiqués par un traitement léger sans quasiment
d’effets secondaires, en l’occurrence, une déprivation androgénique
de 3 mois. Autrement dit, après une simple hormonothérapie de 3 mois,
ces patients sont guéris si le taux de PSA reste effondré. Dans le
cas contraire (si le taux de PSA remonte), il faudra envisager un traitement
et l’on retombe dans la problématique précédente.
Cette étude,
que l’ANAMACaP soutient, est développée dans 4 hôpitaux en France
(la Pitié Salpêtrière et Tenon à Paris, le CHU d’Angers et le
CHU de Dijon) sous la responsabilité du Pr CUSSENOT.
Nous sommes
à une croisée des chemins : si cette étude confirme nos espoirs, il
n’y aura plus d’obstacles au dépistage organisé. Le cancer de
la prostate mortel aura quasiment disparu.
Resteront
les formes non agressives qui pourront être traitées soit par le protocole
CUSSENOT, soit par des thérapies focales type Ablatherm, soit par curiethérapie
ou cryothérapie mais pas par la prostatectomie ou la radiothérapie
qui seront réservées aux formes agressives de la maladie.
Pour cela, mes chers
camarades, il faut intervenir dans ce débat stratégique : il faut être
en capacitation (informé et responsable) pour discuter avec ses médecins
et ne pas obligatoirement se laisser imposer la spécialité du spécialiste
que vous consultez.
Avec ce paradigme,
vous améliorerez l’entretien particulier que vous avez avec votre
médecin à la condition qu’il soit lui aussi ouvert et informé.
Le Président -
Roland MUNTZ – 30/12/2009