Le cancer de la prostate


Le P.S.A. : Qu'est-ce que c'est ?


(Prostatic Specific Antigen ou antigène spécifique de la prostate)

Il s'agit d'une protéine qui est sécrétée par les glandes de la prostate. Une partie du PSA passe dans le sang où il peut être dosé par un prélèvement dans une veine. On dose le PSA total ou global ainsi que le taux de PSA libre circulant dans le sang.

Comment calcule-t-on son taux ?

Il existe plusieurs méthodes de dosage, ce qui doit rendre très prudente l'interprétation du taux du PSA. La majorité des dosages indique une norme à 4 ou inférieure à 4ng/ml ; d'autres une norme à 2,5 ou inférieure ; beaucoup plus rarement, la norme est à 5 ng/ml.
Cette disparité de mesures rend très difficile la comparaison de 2 dosages successifs effectués dans 2 laboratoires différents. C'est pourquoi il est important d'effectuer les prélèvements dans le même laboratoire ou à défaut avec la même technique.
Il faut retenir qu'un dosage isolé lorsqu'il est modérément élevé (4 à 10 ng/ml) ne veut rien dire en soit. En effet, en fonction de l'âge et de l'augmentation de volume de la prostate, le dosage augmente régulièrement sans qu'il y ait forcément de cancer. Le taux de PSA libre exprimé en % du taux global de PSA peut inciter à réaliser des biopsies s'il est bas (inférieur à 12 %).

A quoi sert le dosage ?

Toutes les maladies de la prostate peuvent augmenter le taux de PSA, le cancer, un adénome de la prostate, une infection aiguë de la prostate (prostatite). Certaines manipulations prostatiques peuvent aussi élever le taux, telles que : une cystoscopie ou une fibroscopie vésicale, les biopsies de la prostate à l'aiguille. En revanche, le toucher rectal, malgré ce qui a été souvent dit n'élève pas le taux de l'antigène de la prostate de façon significative (tout au plus il l'augmentera de 0,1 à 0,4 ng/ml ce qui est à considérer comme négligeable).

A quel âge faut-il le faire ?

Compte tenu des données acquises de la science, la règle commune est aujourd'hui de faire pratiquer un dosage du PSA à partir de 50 ans et ce une fois par an jusqu'à 75 ans. Chez les hommes qui ont des antécédents de cancer de prostate familiaux (au moins deux membres de la famille), un dosage du PSA à partir de 40 ans peut être proposé.
A 75 ans ou au-delà il devient discutable de faire pratiquer un dosage du PSA. En effet, la fréquence du cancer est à partir de cet âge très importante, mais heureusement l'immense majorité des cancers de la prostate chez l'homme âgé sont de toutes petites tumeurs qui ont peu de risque d'évoluer. Tenter de rechercher ces cancers expose à tous l'angoisse d'un diagnostic, alors que très probablement il n'y aura pas de traitement réellement utile à proposer sauf bien sûr si le malade présente des symptômes.

En pratique

Lorsqu'un premier dosage du PSA est fait et que le taux est un peu au-dessus de la norme, il faut premièrement s'assurer qu'il n'y a eu aucune manipulation prostatique ou aucune infection aiguë dans les deux mois qui précèdent. Il faut ne pas hésiter à faire pratiquer un nouveau dosage du PSA 15 jours plus tard, puis si le taux reste élevé, discuter avec votre médecin qui verra s'il y a lieu de demander une consultation à un urologue. Si le taux au 2è dosage reste au-dessus de la normale, il pourra être discuté de l'utilité de réaliser des biopsies de la prostate à la recherche d'un cancer.
Attention : Le Finastéride (Chibroproscar) utilisé dans le traitement de l'adénome de la prostate baisse le taux de PSA d'environ 50%.

Le PSA après traitement

L'antigène spécifique de la prostate est un des éléments de surveillance du cancer de la prostate. Après prostatectomie radicale le PSA doit redescendre à un taux de 0,1ng/ml ou moins. Un dosage annuel est ensuite suffisant. Après traitement par rayons, le taux minimal de PSA qu'il faut atteindre n'est pas encore bien défini. Après traitement hormonal, le taux de PSA redescend à des valeurs basses, variables selon chaque homme en 1 à 3 mois. La réascension du taux du PSA après traitement par chirurgie radicale ou par radiothérapie indique la présence d'une récidive locale de la maladie ou le développement de métastases, même en l'absence de tout symptôme.


Il faut savoir que :

  1. cette réascension est presque toujours lente et ne signifie pas obligatoirement qu'il faille changer de traitement,


  2. le traitement d'un homme atteint d'un cancer de la prostate ne doit pas être modifié uniquement sur une variation du dosage du PSA qui resterait modérée. En cas de traitement hormonal, la réascension du taux de PSA peut être due soit à une reprise de la maladie, soit à un effet secondaire au traitement anti-androgène. Dans ce cas, lorsque l'on supprime le médicament en cause, le PSA peut redescendre.

Conclusion

Le taux de l'antigène spécifique de la prostate (PSA) doit être interprété avec prudence lorsque qu'il reste modérément élevé au-dessus de la normale. Il n'y a jamais d'urgence à entreprendre des biopsies et il est préférable de répéter le dosage du PSA lorsque sa valeur est un peu au dessus de la normale car des variations individuelles du taux sont fréquentes.
Lorsque le cancer de la prostate est traité, l'évolution peut être suivie par un taux de PSA en sachant qu'il est inutile de le répéter mois après mois. Il faut des intervalles de plusieurs mois pour se rendre compte exactement de l'évolution du taux.
Enfin, le taux d'antigène de la prostate ne résume pas à lui seul la maladie cancéreuse prostatique. Les décisions médicales à prendre dépendent d'un ensemble de facteurs et non pas du seul résultat d'un examen biologique.

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