Les traitements contre le cancer de la prostate
La
curiethérapie prostatique
La curiethérapie
se fait par la mise
en place définitive dans la prostate
de grains d’iode 125
radioactifs d’une quantité proportionnelle
au volume de votre prostate. Les grains
d’iode
sont enrobés par une
capsule en titane. Ils se présentent
comme de petits fils
métalliques de couleur argentée,
de 0,8 millimètre de
diamètre sur 4,5 millimètres
de long. Ils ne provoquent
pas d’allergie. Ils agissent par émission
radioactive sur quelques
millimètres. Cette radioactivité diminue
au fil
du temps et avec la distance : quelques
précautions sont à
respecter dans les premières semaines
de traitement.
Toutefois, la radiation émise à distance
de la prostate et à
la surface du corps reste sans danger.
Elle est
inférieure aux irradiations naturelles
comme les rayons
cosmiques, la radioactivité du sol
ou bien encore celles
perçues lors d’un séjour
en montagne ou lors d’un
voyage en avion.
Vous trouverez dans ces pages quelques
recommandations,
précautions et réponses aux
questions que vous pourriez
vous poser. (avec l'aimable autorisation
du Professeur Didier Pfeiffert, curiethérapeute
au centre Alexis Vautrin, à Nancy)
Faut-il
revenir en consultation avant l’entrée
en hospitalisation ?
Oui
Une consultation avec échographie par voie endorectale
(planimétrie) est nécessaire afin de déterminer le volume
exact de
votre prostate, et de commander les grains d’iode 125 adaptésà votre
traitement.
Une consultation auprès d’un médecin anesthésiste
lui
permettra de vous expliquer l’anesthésie générale
de 2 heures
nécessaire à la mise en place des grains d’iode.
Le médecin anesthésiste peut vous prescrire une consultation
auprès d’un médecin cardiologue s’il le juge nécessaire
et vous
indiquera la conduite à tenir concernant vos traitements
édicamenteux habituels.
Dois-je prendre
des médicaments,
avoir des examens complémentaires
avant la
curiethérapie ?
Si le médecin urologue le juge nécessaire,
il pourra vous prescrire un traitement
hormonal pendant
2 à 3 mois afin de faire
diminuer le volume de la prostate et de
rendre techniquement
possible la curiethérapie.
Il vous prescrira également une
analyse d’urines (ECBU)à réaliser
10 jours avant l’hospitalisation.
L'hospitalisation
Vous serez hospitalisé environ 48 heures, dans le service de
curiethérapie, dans une chambre individuelle.
La législation impose que les patients porteurs de grains radioactifs
soient hospitalisés en secteur dit de zone contrôlée. Dans
ce service,
le personnel est habilité à manipuler des sources radioactives.
Dès l’entrée, l’infirmière du service vous préparera
en vue de
l’implantation : rasage local, prise de sang, électrocardiogramme…,
vous rencontrerez également le médecin anesthésiste.
Vous resterez à jeun : il ne faudra ni boire, ni manger, ni fumerà partir
de minuit.
Le matin vous prendrez une douche avec le savon remis par
l’infirmière. Puis, une dernière préparation pré-opératoire
sera faite
par ses soins.
L’intervention dure 2 heures sous anesthésie générale.
Les grains sont mis en place définitivement :
- sous contrôle de la sonde d’échographie endorectale (1)
- par voie périnéale, à l’aide d’aiguilles implantées
dans la prostate
puis retirées avant la fin de l’anesthésie (2)

Le nombre de grains (entre 60 et 100)
et leur position sont calculés tout
au long de l’intervention afin que
le traitement soit bien réparti
sur la prostate et épargne au mieux
la vessie et le rectum.
Après l’intervention, vous resterez dans la salle de réveil
située au bloc opératoire 1 à 2 heures puis vous retournerez
dans votre chambre.
Une sonde urinaire posée en début d’intervention vous donnera
une sensation désagréable au réveil et l’envie d’uriner.
Cette sonde, laissée en place jusqu’au lendemain matin, permet de
vérifier
l’absence de saignement et sert parfois à rincer la vessie.
Un traitement contre la douleur pourra vous être prescrit si nécessaire.
Vous pourrez parfois ressentir une pesanteur du périnée liée
au passage des aiguilles, retrouver quelques traces de sang dans vos urines,
ainsi qu’une ecchymose (“un bleu”) et une sensibilité entre
les jambes : tous ces désagréments ne sont pas inquiétants.
Vous pourrez manger et boire normalement à votre réveil.
Le lendemain, la sonde urinaire sera retirée. Ce n’est pas douloureux
mais vous pourrez ressentir une petite gêne. Vous pourrez ensuite uriner
normalement.

Questions/Réponses
Peut-on trouver des traces de sang dans
les urines ?
Oui
Pendant l’implantation au bloc opératoire, une aiguille peut toucher
la paroi de la vessie et provoquer un saignement urinaire qui ne durera pas.
Tous les grains
vont-ils s’éliminer ?
Non
Les grains sont permanents mais il peut arriver que quelques uns d’entre
eux migrent dans les urines et dans le sperme. D’où quelques précautions à respecter
après l’implantation :
- filtrer les urines pendant 15 jours
- utiliser un préservatif en cas de rapport sexuel pendant 2 mois.
Y-a-t’il des précautions
de radioprotectionà prendre vis-à-vis
des radiations ?
Peu
Rester à une distance d’un mètre vis à vis des autres
personnes, en particulier les enfants et femmes enceintes. Pendant les 2 premiers
mois.
Comment filtre-t’on
les urines et pendant combien de temps
doit-on le faire ?
Avec un filtre à café posé sur un bocal et pour une durée
de 15 jours.
Un pot en acier vous sera remis à votre sortie pour stocker les grains
si vous en retrouviez dans le filtre.
Y a t’il un régime alimentaire à suivre
?
Non, mais il faut boire beaucoup pour diluer les urines.
Quels sont les effets secondaires du traitement
?
10 jours après l’intervention peuvent apparaître des sensations
de brûlure urinaire, celles-ci s’estomperont en quelques mois.
D’autres effets secondaires peuvent survenir 3 à 4 semaines après, à savoir
des envies fréquentes d’uriner et/ou une faiblesse du jet urinaire.
Exceptionnellement, il peut être nécessaire pour un meilleur confort
de dériver provisoirement les urines en mettant en place un cathéter
sus-pubien. Ces symptômes régressent eux aussi progressivement
mais peuvent parfois durer 6 à 8 mois.
Des consignes seront données à votre médecin traitant
qui pourra vous prescrire un traitement afin de limiter ces effets secondaires
et prendre contact avec l’urologue si nécessaire.
Quelle est la
surveillance après le traitement ? Quels examens de contrôle
seront réalisés et à quel rythme ?
Un contrôle est prévu un mois après l’implantation
par un scanner dosimétrique pour confirmer la position des grains. Une
visite auprès
du médecin est habituellement organisée le même jour.
Puis contrôle biologique avec dosage du PSA (antigène spécifique
de la prostate) à 6 mois, à 1 an puis annuellement. La valeur
du PSA va chuter lentement jusqu’à la 4ème année,
reflétant l’efficacité du traitement. Une consultation
avec examen clinique sera organisée en alternance entre le curiethérapeute
et l’urologue.
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