Recommandations de l’AFU

Pour une nouvelle stratégie de recommandations, l'Association Française d’Urologie (AFU) propose :

  • - de 45 à 54 ans : un dépistage organisé pour les groupes à risques ;
  • - de 55 à 69 ans : un dépistage organisé, annuel si le PSA est supérieur à 1 ng/ml, tous les 3 ans si PSA est inférieur à 1 ng/ml ;
  • - de 70 à 75 ans : un dépistage individuel proposé au patient qui doit être informé de la maladie, de ses traitements et de leurs effets indésirables ;
  • - après 75 ans : le dépistage n'est pas recommandé.

Source : AFU, dossier de presse annonçant la journée de la prostate du 15/09/09

Définition

- Biopsie
- Gleason
- Capsule
- Stade TNM

Toutes les définitions dans le lexique

2010 : nouveau paradigme

Chers Camarades, 

Nous allons profiter de la multiplicité de cas similaires qui sont soumis à nos conseillers pour poser paisiblement mais précisément le nouveau paradigme que nous concevons désormais, en tant que patient en capacitation (informé et responsable), dans la prise en charge d’un cancer de la prostate. 

La controverse absurde du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA aboutit aujourd’hui à un développement anarchique du dépistage, lequel conduit à une augmentation de l’incidence des cancers localisés (94 % aux USA). Parmi ces cancers localisés, près d’un tiers sont indolents (non agressifs) et ne nécessitent pas de traitements agressifs lesquels ont pour conséquence de rendre le malade impuissant et/ou incontinent une fois sur deux. 

Dans ces conditions, l’approche qui se dégage chez les meilleurs spécialistes est de savoir, une fois diagnostiqué, si la tumeur présente les caractéristiques d’un cancer de la prostate indolent. Quelles sont-elles ? 

  • Stade : T1c – T2a
  • Gleason <= 6
  • PSA <= 10 ng/mL
  • PSADT > 3 ans

Quelles sont alors les options de traitements possibles pour ces cancers indolents ? 

  1. Rappelons d’abord que « qui peut le plus, peut le moins ». Les traitements classiquement proposés dans le monde par ordre croissant d’effets secondaires sont les suivants :
  1. Voici les nouvelles options
  1. La WW (watchfull waiting) : autrement dit, ne rien faire, ou plutôt surveiller les premières alertes ou les premiers symptômes avant de traiter. A envisager si le patient supporte psychologiquement la présence du cancer et s’il a au moins 65 ans. Les scandinaves présentent de bons résultats avec ce simple comportement.
  1. Le contrôle actif : des patients « éclairés » associent au WW, une nouvelle hygiène de vie : alimentation sélectionnée, activités physiques, gestion du stress permettent de mieux contrôler son cancer. Cette philosophie de vie, dans l’air du temps, est adoptée par de plus en plus de patients, y compris par des membres de l’ANAMACaP qui ont constitué un groupe de travail sur le sujet.
  1. La surveillance active : elle consiste en un TR (toucher rectal) et PSA tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois. Biopsies à un an, puis tous les 3 ans jusqu’à 80 ans. Dans l’étude la plus élaborée (Laurence KLOTZ), un traitement intervenait soit à la demande du patient, soit à l’apparition d’un grade 4 majoritaire sur les biopsies, soit en présence d’un PSADT > 3 ans fondé sur au moins 8 analyses sanguines (PSADT = temps de doublement du PSA).

      Point positif : à 8 ans, la survie spécifique est de 99,2 %.

      Point négatif : 8 % des patients développent un cancer extra-prostatique.

    L’intérêt de la surveillance active est de différer un traitement : il semble en effet peu réjouissant pour un homme se sentant encore jeune d’avoir 50 % de chances (ou plutôt de malchances) de devenir impuissant et/ou incontinent à cause des effets secondaires d’un traitement agressif. La stratégie consiste à profiter au maximum du développement à priori très long d’un cancer de la prostate et de ne recourir à un traitement que lorsqu’il devient dangereux. 

  1. Les protocoles (Leibowitz – Cussenot)

    En raison de la peur panique que les médecins (et les médias) ont inculqué dans nos esprits dès que le mot cancer est prononcé, nous supportons mal la pression psychologique de vivre avec un cancer et de ne se soumettre qu’à une surveillance. C’est pourquoi, des stratégies ont été élaborées pour contrôler le cancer et ainsi mourir de mort naturelle avec son cancer de la prostate et non de son cancer de la prostate  

  • Le protocole LEIBOWITZ. Des oncologues américains très connus dans le monde des malades du cancer de la prostate (MYERS – STRUM – TUCKER) à la suite du Docteur LEIBOWITZ, ont préconisé une déprivation androgénique limitée à environ un an dans les cancers localisés ou non. Les résultats qu’ils présentent sont extraordinaires mais controversés par les urologues car non démontrés scientifiquement par des essais randomisés.
     
  • Le protocole CUSSENOT. Pour pratiquement éradiquer le cancer de la prostate mortel, il suffit d’instaurer un dépistage systématique. Problème : le nombre de cancers diagnostiqués indolents va exploser. Sous la pression des urologues, des radiothérapeutes et des patients non informés, les traitements agressifs vont exploser également et avec eux, le nombre de patients incontinents et impuissants. Comme la mentalité latine ne supporte pas de vivre avec la présence de cellules cancéreuses et donc ne privilégie pas les traitements de surveillance, il faut trouver une solution pour permettre au dépistage de se déployer de manière intelligente et organisée.
  •  Le président de notre conseil scientifique, le Professeur Olivier CUSSENOT lance une étude dans laquelle il veut démontrer que, au stade indolent, le cancer de la prostate se présente dans près de 30 % des cas, sous forme de néoplasies focales réversibles. Autrement dit, ces petits cancers peuvent être éradiqués par un traitement léger sans quasiment d’effets secondaires, en l’occurrence, une déprivation androgénique de 3 mois. Autrement dit, après une simple hormonothérapie de 3 mois, ces patients sont guéris si le taux de PSA reste effondré. Dans le cas contraire (si le taux de PSA remonte), il faudra envisager un traitement et l’on retombe dans la problématique précédente.

    Cette étude, que l’ANAMACaP soutient, est développée dans 4 hôpitaux en France (la Pitié Salpêtrière et Tenon à Paris, le CHU d’Angers et le CHU de Dijon) sous la responsabilité du Pr CUSSENOT.

    Nous sommes à une croisée des chemins : si cette étude confirme nos espoirs, il n’y aura plus d’obstacles au dépistage organisé. Le cancer de la prostate mortel aura quasiment disparu.

    Resteront les formes non agressives qui pourront être traitées soit par le protocole CUSSENOT, soit par des thérapies focales type Ablatherm, soit par curiethérapie ou cryothérapie mais pas par la prostatectomie ou la radiothérapie qui seront réservées aux formes agressives de la maladie.

Pour cela, mes chers camarades, il faut intervenir dans ce débat stratégique : il faut être en capacitation (informé et responsable) pour discuter avec ses médecins et ne pas obligatoirement se laisser imposer la spécialité du spécialiste que vous consultez.  

Avec ce paradigme, vous améliorerez l’entretien particulier que vous avez avec votre médecin à la condition qu’il soit lui aussi ouvert et informé. 

Le Président - Roland MUNTZ – 30/12/2009

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