Nouveau paradigme 2010

La controverse absurde du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA aboutit aujourd’hui à un développement anarchique du dépistage, lequel conduit à une augmentation de l’incidence des cancers localisés (94 % aux USA). Parmi ces cancers localisés, près d’un tiers sont indolents (non agressifs) et ne nécessitent pas de traitements agressifs lesquels ont pour conséquence de rendre le malade impuissant et/ou incontinent une fois sur deux…. Lire la suite

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Fonction

Fonction

Deux éléments sont intéressants à prendre en compte : Le 1 er concerne le rôle génital de la prostate et le 2 ème sa fonction urinaire.

- La prostate : une glande génitale 

Le sperme est constitué des spermatozoïdes d’origine testiculaire et de diverses sécrétions émanant principalement des ampoules déférentielles, des vésicules séminales et de la prostate. Les spermatozoïdes, à flux constant, passent par l’épididyme et vont suivre les canaux déférents pour arriver dans les 2 ampoules déférentielles où ils vont être stockés avant chaque éjaculation. Ils emprunteront alors les canaux éjaculateurs avant d’arriver dans l’urètre.

Les vésicules séminales, grâce à de petites glandes en leur sein, sécrètent le plasma séminal. Ce plasma contient du fructose (produit à partir du glucose), des prostaglandines et des protéines (lactoferrine et facteurs soit de décapacitation des spermatozoïdes, soit de coagulation du sperme, soit immuno-dépresseurs).

Les glandes présentes dans l’épaisseur de la paroi des ampoules déférentielles sécrètent un liquide de composition probablement très proche des sécrétions de vésicules séminales.

La prostate sécrète le liquide séminal qui entre lui-aussi dans la composition du sperme. Ce liquide est composé de nombreux enzymes dont la phosphatase acide et le PSA (Prostate Specific Antigen = antigène spécifique de la prostate), ce dernier participant à la liquéfaction du sperme, d’électrolytes, de sels minéraux dont le magnésium, de zinc, d’acide citrique, de spermine et de spermidine qui donnent son odeur au sperme ainsi que de phosphorylcholine qui sert la médecine légale.

Toutes ces sécrétions vont se mélanger dans l’urètre au niveau de la prostate (= urètre prostatique) pendant la première phase de l’éjaculation (émission), espace fermé à ses deux extrémités par les sphincters lisse en haut et strié en bas, entraînant sa dilatation progressive pendant quelques secondes. La seconde phase de l’éjaculation correspond à l’expulsion en elle-même du sperme.

Les glandes de Cowper sécrètent un liquide de composition voisine du liquide séminal, qui s’écoule en permanence pendant l’érection et en plus grande quantité pendant l’éjaculation. Ce liquide se mélange au sperme lors de son passage dans l’urètre pendant l’expulsion.

- Prostate et fonction urinaire : A propos de l’adénome

La prostate n’a aucun rôle urinaire et la pathologie urinaire due à la prostate n’est liée qu’à la position anatomique de cette dernière. En effet, considérant la position anatomique de la prostate qui entoure la partie première (= proximale) de l’urètre par où passe l’urine pendant les mictions, on comprend qu’en cas d’adénome ou de cancer de la prostate, il puisse y avoir des troubles urinaires. L’adénome est une tumeur bénigne qui se traduit par une augmentation de volume d’une partie de la prostate (zone de transition). Cette augmentation de volume concerne la majorité des hommes après 50 ans, mais n’a pas obligatoirement de retentissement clinique. Il est important de noter que l’adénome de la prostate est une pathologie qui n’a rien à voir avec le cancer de la prostate. Ce n’est pas l’adénome qui donne le cancer. On peut donc parfaitement avoir l’un, l’autre ou les deux en même temps. De plus, après un traitement chirurgical pour adénome de la prostate et ce quelque soit ce traitement chirurgical, un cancer de la prostate peut parfaitement survenir puisque l’on aura enlevé pendant l’opération uniquement l’adénome et non pas toute la prostate. L’image classique est celle de l’œuf (= adénome) que l’on a retiré du coquetier (= reste de la prostate). Il faut donc continuer à se faire suivre par son urologue après une telle opération et surveiller son taux de PSA dans le sang à intervalles réguliers.

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