Nouveau paradigme 2010

La controverse absurde du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA aboutit aujourd’hui à un développement anarchique du dépistage, lequel conduit à une augmentation de l’incidence des cancers localisés (94 % aux USA). Parmi ces cancers localisés, près d’un tiers sont indolents (non agressifs) et ne nécessitent pas de traitements agressifs lesquels ont pour conséquence de rendre le malade impuissant et/ou incontinent une fois sur deux…. Lire la suite

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Bilan d'extension et classification d'un cancer de la prostate

En cas de cancer de la prostate, il est nécessaire de savoir si ce cancer est localisé à la glande prostatique ou si il en a déjà franchi les limites, car les traitements proposés seront différents.

D’après les recommandations 2002 du comité de cancérologie de l’Association Française d’Urologie (AFU), il est licite de pratiquer :

- Scintigraphie osseuse (cf lexique) si PSA supérieur à 10 ng/ml et /ou Gleason supérieur ou égal à 7 et /ou présence de douleurs osseuses.

- Recherche d’adénopathie (= ganglion atteint par la maladie) par scanner pelvien si TR anormal et/ou PSA supérieur à 10 ng/ml et /ou Gleason supérieur ou égal à 7.

- IRM prostatique avec antenne endorectale : à discuter. Cet examen n’est pas complètement rentré dans la pratique quotidienne des urologues pour cette indication précise, mais plusieurs équipes urologiques s’en servent de manière courante.

Un bilan biologique standard sera réalisé en même temps que ces examens.

La recherche d’autres sites métastatiques fait l’objet de bilans spécifiques en cas de doute clinique (poumon, foie, cerveau et peau).

La réalisation de ce bilan d’extension permet alors de classer la tumeur du patient suivant la classification TNM 2002. Cette classification permet de classer tout cancer et chaque cancer a sa propre classification. La classification présentée dans l’encart ci-dessous est celle du cancer de la prostate et date de 2002 : le T côte la taille de la tumeur, le N l’atteinte ganglionnaire et le M la présence ou non de métastases. Chaque patient sera donc classer dans cette classification et cela permettra à l’urologue ensuite de définir les traitements que l’on pourra proposer au patient.

 

CLASSIFICATION TNM 2002 DU CANCER DE LA PROSTATE

T : Tumeur primitive
  T0  : Absence de tumeur
  T1 : Tumeur non palpable ou non visible en imagerie
     - T1a < 5 % du tissu réséqué*
     - T1b > 5 % du tissu réséqué*
     - T1c : découverte par élévation du PSA et réalisation de BP
  T2 : Tumeur limitée à la prostate (apex et capsule compris)
     - T2a : Atteinte de la moitié d’un lobe ou moins
     - T2b : Atteinte de plus de la moitié d’un lobe sans atteinte de l’autre lobe
     - T2c : Atteinte des deux lobes
  T3 : Extension au-delà de la capsule
     - T3a : Extension extra-capsulaire
     - T3b : Extension aux vésicules séminales
  T4  : Extension aux organes adjacents (col vésical, sphincter uréthral, rectum, paroi pelvienne) ou tumeur fixée

N : Ganglions régionaux
  N0 : Absence de métastase ganglionnaire
  N1 : Atteinte ganglionnaire(s) régionale(s)

M : Métastases à distance
  M0 : Absence de métastases à distance
  M1 : Métastases à distance
     - M1a : Ganglions non régionaux
     - M1b : Os
     - M1c : Autres sites

R : Reliquat tumoral post-opératoire

L’absence ou la présence d’un reliquat tumoral après prostatectomie totale (marges chirurgicales) est décrite dans la classification UICC (Union Internationale Contre le Cancer) à l’aide du symbole R. Son emploi, facultatif, précise le statut tumoral après le traitement avec une meilleure prédiction du pronostic.

   Les marges après prostatectomie sont codées comme suit :
     - Rx : non évalué
     - R0 : Absence de reliquat tumoral macroscopique ou microscopique
     - R1 : Reliquat microscopique (focal ou étendu à préciser)
     - R2 : reliquat macroscopique

* Ces deux stades concernent les hommes qui ont bénéficié d’une résection de la prostate par les voies naturelles (« grattage »). Les copeaux (= morceaux) de prostate enlevés ont été envoyés en analyse et il a été alors découvert un cancer de la prostate. Si ce cancer est présent sur moins de 5 % du tissu prostatique, il s’agit d’un stade T1a ; Dans le cas contraire, il s’agit d’un stade T1b.

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