Le cancer de la prostate (CaP)

Il s’agit d’une transformation maligne (cancéreuse) des cellules du revêtement (épithélium) des glandes de la prostate. Cette prolifération tumorale de la prostate est appelée adénocarcinome prostatique. Ces cellules transformées prolifèrent anormalement en envahissant les structures adjacentes et peuvent migrer en dehors de la prostate en empruntant la circulation lymphatique ou veineuse pour créer des colonies de cellules tumorales prostatiques dans d’autres parties du corps : ce sont les métastases, qui évoluent comme des tumeurs secondaires. Elles gardent certaines propriétés des cellules prostatiques d’origine, comme la sécrétion du PSA. Elles se développent principalement dans les ganglions lymphatiques et dans les os, mais au cours de l’évolution de la maladie, d’autres sites anatomiques d’implantation sont possibles.
Ces métastases sont à l’origine des complications mortelles de la maladie en perturbant l’organisation et la physiologie des organes ou structures qu’elles colonisent.

Le cancer de la prostate évolue sur plusieurs années que l’on peut diviser en 3 phases :

  • La première phase : le cancer occulte ou latent
    Les foyers cancéreux ne sont pas perceptibles par l’examen de la prostate au toucher rectal ou en imagerie (échographie ou IRM) et n’entraînent pas d’élévation significative du taux du sanguin du PSA. A cette phase, le cancer est microscopique. Il n’est pas détectable par les outils actuels du dépistage. Toutefois, certains de ces cancers sont découverts fortuitement lorsque du tissu prostatique est enlevé lors du traitement des troubles mictionnels (difficultés pour uriner) entraînés par une hypertrophie bénigne de la prostate (adénome de la prostate).

  • Une deuxième phase, appelée cancer localisé

    Cette phase est caractérisée par un cancer confiné à la prostate, détectable à un stade précoce par des biopsies prostatiques, réalisées soit parce que le taux sanguin du PSA est anormalement élevé (habituellement > 4ng/ml), soit parce que le toucher rectal révèle une induration nodulaire de la prostate. Le cancer, de part sa situation à priori exclusivement intraprostatique, peut être guéri définitivement par un traitement radical (ablation de la prostate, radiothérapie externe).

  • La troisième phase correspond au cancer avancé avec ou sans métastases
    Le diagnostic, confirmé par les biopsies prostatiques, est généralement facilement évoqué devant des signes cliniques urinaires (difficultés pour uriner, urines sanglantes…) ou les conséquences des métastases (douleurs osseuses…). La prostate est indurée avec une déformation de ses contours. Le taux sanguin du PSA est plus élevé qu’en cas de tumeur localisée. A partir de cette phase, le cancer ne peut plus être guéri définitivement. Une rémission plus ou moins longue de la maladie peut être cependant obtenue, en particulier par un traitement hormonal.

Pr Olivier CUSSENOT, urologue-oncologue, chef du service urologie de l’hôpital TENON à Paris

 

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