Témoignage d'Alice, épouse d'un patient du cancer de prostate diagnostiqué trop tardivement

Alice, épouse d’un patient décédé détecté trop tardivement de son cancer de prostate

Alice prend le droit d’informer toutes les femmes d’un danger mortel qui guette leur couple

8 mars 2022 – La journée des droits des Femmes

La journée des droits des femmes est un événement mobilisateur pour sensibiliser les femmes afin qu’elles déjouent le piège d’un cancer de la prostate détecté trop tardivement.

L’ANAMACaP* et le FDCP*  font de l’absence d’une prévention du cancer de la prostate une priorité.

L’interview-témoignage bouleversant d’Alice éclaire avec une grande émotion les conséquences actuelles de cette situation déplorable ; à la fois physiquement très douloureuses pour son époux et affectivement destructrice pour son couple.

Avec Alice, nous souhaitons que les femmes, pour éviter cette détresse, incitent activement les hommes de leur entourage à s’informer sur une nécessaire prévention.
C’est certain, elles sont un rouage essentiel. Depuis de nombreuses années, elles sont invitées à un dépistage organisé du cancer du sein, elles en connaissent les enjeux et les résultats.

Détection précoce : plus tôt on dépiste le cancer de prostate, mieux on peut le vaincre

Il est bon de rappeler qu’en France, toutes les heures, un homme meurt d’un cancer de la prostate, le premier cancer de l’homme en France.

Heureusement, de nombreux patients peuvent guérir de ce cancer. Pour cela, il est nécessaire de procéder à un dépistage. Il permet de distinguer les cancers peu évolutifs, des cancers agressifs sans symptôme à haut risque de développement rapide. Plus tôt on détecte le cancer, mieux on peut le vaincre.

L’ANAMACaP et le FDCP sont convaincus de l’efficacité d’une prévention précoce du cancer de la prostate à l’instar du dépistage du cancer du sein.

Nos associations veulent combattre ce manque d’information et d’intérêt en sensibilisant les hommes à partir de 50 ans du risque de ce cancer. il suffit d’écouter le témoignage d’Alice qui a perdu son mari dans des circonstances consternantes pour réagir.

Combien de morts faudra-t-il encore compter pour que l’homme cesse d’être une unité statistique déshumanisée : 8100 décès par an(1). C’est beaucoup trop.

 

(1) chiffres de 2018, source Institut National du Cancer.

Détection précoce : le cancer de prostate est complexe : il en existe plusieurs formes

Les cancers diagnostiqués précocement (stade 1 et 2 – sans extension extraprostatique et sans symptôme) représentent aujourd’hui 80 % des nouveaux cas de cancer de la prostate. Pour ces cancers diagnostiqués précocement, il est possible de distinguer différents types de cancers de la prostate en fonction du risque de survenue de métastases et de décès :

  • dans 70 % des cas environ, le cancer ne présenterait pas de risque évolutif vital (métastases, décès) dans les 15 ans qui suivent le diagnostic, même en l’absence de traitement.
  • dans 30 % des cas environ, le cancer comporte des signes d’agressivité, ce qui justifie un traitement pour interrompre l’évolution défavorable vers les métastases.
  • 0,2 % des cas seraient à évolution rapide dans les 5 ans : il s’agit des formes retrouvées, en particulier, chez les sujets avec une prédisposition héréditaire.

Les cancers détectés à un stade avancé avec ou sans métastases (stades 3 et 4 – symptomatiques – guérison aléatoire) représentent donc 20 % des nouveaux cas de cancers de prostate.

Source : livre « dans la tourmente de la prostate » des Prs FOURNIER et CUSSENOT – Editions Favre

Détection précoce : ne pas effrayer, mais prendre conscience, informer et sensibiliser aux actes de prévention

Le dépistage du cancer de la prostate est un sujet très polémique notamment en raison du sur-diagnostic et du sur-traitement réalisés dans le passé. Désormais, les avancées dans la connaissance, la surveillance active, la médecine prédictive/personnalisée et les nouveaux outils diagnostiques permettent de distinguer les types de cancer de prostate et d’appliquer « la bonne stratégie, au bon patient, au bon moment ».

Le message ne doit plus être flou auprès du grand public et des médecins généralistes, premiers spécialistes en contact avec la population.

Gardons en tête que le cancer de la prostate est de bon, voire très bon pronostic avec un taux de survie à 5 ans de plus de 90 % mais attardons nous également sur les hommes diagnostiqués trop tardivement, encore trop nombreux, à l’exemple de l’époux l’Alice. Par ce témoignage, vous voyez une autre facette de la maladie pour agir et vous informer.

Détection précoce : recommandations du Comité de cancérologie de l’AFU* dans les grandes lignes

Informer : des particularités de ce cancer. Certaines formes ne sont pas agressives et n’évolueront pas (il faudrait peut-être employer un autre terme que le mot « cancer » dans ces cas là). Une simple surveillance active peut suffire mais le patient doit intégrer cette information en amont. Son consentement est par ailleurs essentiel. Dans l’affirmative, pour tous les hommes, il convient au préalable de rechercher des facteurs de risque (origine ethno africaine ou afro caribéenne – antécédents familiaux).

Qui : Les hommes de 50 à 70 ans (avec une survie estimée à + de 10 à  ans) voire les hommes de 40-45 ans en cas de facteurs de risque.

Quand : Tous les 2 à 4 ans.

Comment : par toucher rectal et PSA total dans un premier temps.

*AFU : Association Française d’Urologie

Par ailleurs, le seuil « d’alerte » du taux de PSA faisant suspecter un trouble de prostate est probablement plus juste à 3 ng/mL (4 ng/mL actuellement). Ce taux est à corriger en fonction de nombreux éléments (surpoids-obésité – prise de certains médicaments…). Grâce au développement de l’intelligence artificielle, les spécialistes peuvent s’aider de calculateurs de risque et de nomogrammes.

A propos

Qui est l’ANAMACaP ?

L’Association Nationale des Malades du Cancer de la Prostate est une association à but non lucratif, dont la mission est reconnue d’utilité publique. Elle a été créée par Roland MUNTZ sur la base d’un constat simple : en 2002, il n’existait aucune association de patients dédiée au 1er cancer de l’homme en France. Sidéré par l’annonce d’un cancer agressif à l’âge de 54 ans et de ne pas avoir été sensibilisé par son médecin, son fondateur a entrepris de mettre son expérience de patient au service de l’intérêt général, entouré par d’éminents professeurs de la pathologie. La mission de l’ANAMACaP s’articule autour du triptyque : PREVENIR – INFORMER – ACCOMPAGNER. Elle veille sur l’état de la recherche et délivre des informations orientées patients pour leur permettre de comprendre et de participer au choix des options de traitement. Elle met en relation les patients pour un échange d’expériences. Depuis sa création, elle défend les intérêts des malades actuels et futurs.

Qui est le FDCP ?

Créé par des patients pour des patients, le Fonds de Dotation pour l’innovation dans la prise en charge du Cancer de la Prostate a été créé dans la suite logique des missions de l’ANAMACaP afin d’accroître les moyens d’actions en faveur de la lutte contre le cancer de la prostate.
Le fonds a pour objet de permettre aux patients français de bénéficier des avancées en termes de prévention, de dépistage, de diagnostic, de pronostic, de traitement et plus généralement de prise en charge du cancer de la prostate, notamment celles existantes dans d’autres pays.
Dans un objectif de protection de la santé publique, le fonds a également vocation à sensibiliser les pouvoirs publics et le grand public à cette maladie et à sa prévention.
Le FDCP apporte son soutien à des essais de médecine personnalisée par l’oncologie prédictive et de précision : sa raison d’être est d’accélérer l’accès aux innovations diagnostiques et thérapeutiques sur le territoire. Voir les projets du FDCP

Aller plus loin :

Dépistage : où en est la France ? oct 2021

Extrait de la journée scientifique ANAMACaP 2021

Par le Pr Georges FOURNIER, Chef de service urologie (CHU de Brest), Président de l’Association Française d’Urologie (AFU) – Consulter l’intervention

Dépistage : la position de l'Europe - oct 2021

Extrait de la journée scientifique de l'ANAMACaP 2021

Par le Pr Hein VAN POPPEL, Urologue à l’U.Z. de LEUVEN – Belgique, Secrétaire de l’Association Européenne d’Urologie (EAU)  – Consultez l’intervention

Voir la page Internet d’Alice : https://www.tppcp.org/

Plus d’informations ? Contactez notre permanence : 05.56.65.13.25